Le Voyage en Gondole : du 43ème au 45ème jours
Pepe Roncino et Tintoretta visitent le palais Fortuny, la Fenice et l'îlot du fameux peintre védutiste Canaletto.
Emeric Cristallini
1/13/202620 min temps de lecture


43ème jour : Sant'Angelo


Pepe Roncino
Aujourd’hui, on reste dans un îlot au bord du Grand Canal, mais sans riva cette fois ! On prend le rio dei Fuseri à droite… On rejoint le rio de San Luca que l’on prend à droite… Puis à gauche, le rio de la Verona… On s’arrête sur la fondamenta de la Verona…
Tintoretta
Quelles sont les visites du jour ?
Pepe Roncino
Une seule visite importante : le palais Fortuny…. Au bout de la fondamenta, on prend à droite la calle de la Verona… On traverse le rio terà dei Assassini pour poursuivre par la calle dei Assassini… On prend à droite la calle de la Mandola : c’est là qu’on prendra nos repas … Puis à gauche, la salizada de la chiesa o del teatro…
Regarde ce beau capitello !


On arrive sur le campo San Beneto...


Tintoretta
Une belle petite place !
Pepe Roncino
Oui, une place surélevée comme le campo San Trovaso.
Tintoretta
Oui, je me souviens : c'était pour contenir les réservoirs d'argile nécessaires pour emmagasiner l'eau de pluie pour le puits qui se trouve au milieu...
Pepe Roncino
Bien, Tintoretta ! Tu te souviens 42 jours après... Ce campo a pris le nom de la petite église qui s'y trouve, qui s'appelait San Benedetto puis San Beneto par contraction vénitienne. Elle fut édifiée ici une première fois en 1005 mais reconstruite en 1619…. En face de l'église, on a le palais Pesaro degli Orfei, qui abrite depuis 1956 le musée Fortuny, fameux pour ses tissus.


Tintoretta
Un beau palais !
Pepe Roncino
Oui, ce palais fut construit dans la première moitié du XVème siècle. C'est un bel exemple de palais gothique vénitien...
Tintoretta
On visite le musée ?
Pepe Roncino
Oui, c'est l'occasion de visiter le palais mais aussi de voir non seulement des beaux tissus, de belles statues, de beaux tableaux... Le nom de Fortuny n'évoque pas grand chose de vénitien : Mariano Fortuny était un couturier de Grenade, qui s'installa dans le grenier avec sa sœur et sa mère à la fin du XIXème siècle et réussit peu à peu à acquérir l'ensemble du palais...






Tintoretta
Oh, c'est magnifique !
Pepe Roncino
Oui, c'est en réalité un des plus beaux musées de Venise !






















Voilà, on a fait notre grande visite intérieure du jour...
Tintoretta
Je passerais bien mon temps dans les salons !
Pepe Roncino
Oui, la décoration est trop belle... Mais aussi le palais en lui-même que l'on appelle de nouveau palais Pesaro degli Orfei.
Tintoretta
On avait déjà visité un palais Pesaro à San Stae.
Pepe Roncino
Oui, c'est dans le palais de San Stae que la famille Pesaro alla s'installer quand elle quitta ce palais. Celui-ci prit alors le nom degli orfei car il devint alors le palais des Orphées car il fut le siège, en 1786, d’une société philarmonique, l’Académie des orphées, qui y organisa des bals et des concerts.
On prend à droite la calle a fianco Cà Pesaro. Comme tu le vois, on trouve toujours le nom Pesaro...
On prend la calle del Magazzen sur la droite...
Puis le rio terà de la Mandola sur la gauche...
Puis la calle del Spezier sur la droite... On arrive sur le campo Sant’Angelo, ou Sant’Anzolo en vénitien.


Tintoretta
Ce campo aussi est surélevé !
Pepe Roncino
Exact ! Cela nous permet de mieux voir les palais qui l'entourent et qui eux ne le sont pas...
Par exemple, le palais Morosini, de style gothique...


Et à gauche, on a le palais Trevisan Pisani...


En face, on a également de beaux palais...


Comme par exemple le palais Duodo...


Avant de visiter le reste de la place, on va prendre la calle del Cafetier à l’angle gauche du palais Duodo, où habita et mourut le grand musicien Domenico Cimarosa...




Tintoretta
Oh ! Une belle statue de Madonna con bambino !
Pepe Roncino
Oui, elle se trouve dans le jardin à l'arrière du palais Duodo...
Juste à côté, on a le pont et le sottoportego della Malvasia Vecchia...


Tintoretta
Cet endroit semble un peu mystérieux !
Pepe Roncino
Il conduit à l'îlot que l'on visitera demain...
On retourne sur le campo Sant'Anzolo...


Tintoretta
On voit un campanile penché !
Pepe Roncino
C'est celui de l'église San Stefano, dans l'îlot d'à côté, que l'on visitera dans 24 jours, lorsqu'on quittera la Venezia de citra pour retourner dans la Venezia de ultra...
Il y avait autrefois une église sur ce campo : l'église Sant'Anzolo, qui lui a donné son nom. Elle fut fondée dès l'an 920 et fut consacrée à l'Archange Saint Michel en 1069. Anzolo est la contraction vénitienne d'Arcangelo. Elle fut fermée en 1810 et démolie, ainsi que son campanile, en 1837.
Son emplacement est indiqué sur le sol...


Tintoretta
Je comprends que c'était le temple des archanges...




Pepe Roncino
On va déjeuner sur cette terrasse.
Tintoretta
Tout près de l'emplacement de l'église !
Pepe Roncino
Oui, mais sans l'église, la vue sera plus dégagée...


On va maintenant visiter l'oratorio dell'Annunziata.


Il a été fondé, comme l’église, en 920 par la famille Morosini et reconstruit en 1528. Cet oratoire était utilisé par la Scuola dei Zoti, c’est-à-dire des boiteux….




Tintoretta
Il y a de beaux bouquets !






Une autre curiosité de cette place, c’est la vue de ce canal qui passe sous ce portique et qui ensuite poursuit son cours sous l’église San Stefano. C’est le rio del Santissimo, qu’on reverra de l’autre côté quand on visitera l’îlot de Santo Stefano.
Tintoretta
Dans 24 jours !
Pepe Roncino
Oui, on ne sera plus très loin du terme de votre voyage !


A côté, c'est l'ancien couvent de Santo Stefano...


On prend la petite fondamenta à côté du pont... et à droite la calle va in campo...
On longe le palais Pisani-Trevisan en revenant sur le campo...


On va maintenant faire un petit tour pour voir la corte Balbi o Morosini, qui fut le théâtre d’une histoire qui inspirera le Racconcino de ce soir… On prend la calle de la Madonna avec ce beau capitello…




On traverse la calle de la Verona et on prend le sottoportego en face…




Tintoretta
Il faut baisser la tête, sinon Batabum !


Pepe Roncino
Nous voici dans la corte Balbi o Morosini…


Tintoretta
Elle n'est pas très belle !
Pepe Roncino
Non, elle ne vaut que pour l'histoire qui y est attachée...
Je vais maintenant te montrer une belle cour : la corte Barbarigo… On retourne sur le campo Sant’Anzolo… On prend la calle del spezier… Puis à gauche le rio terà della Mandola… Regarde à gauche !


Tintoretta
Ah oui, cette cour est belle ; surtout le portique...
Pepe Roncino
Je vais maintenant t'en montrer une très belle...
On prend en face la calle del Magazen… Puis à gauche la salizzada della chiesa o del teatro... Puis à droite la calle Sant’Andrea… On arrive dans la corte Sant’Andrea…


Tu remarqueras le pavement en briques, qui rappelle celui de la Madonna dell'Orto et du campo de l'Abazia...


Le bas-relief représente l'apôtre Saint André avec à ses côtés Marco Minotto et Lodovica Da Ponte, les mécènes de l'hospice qui existait auparavant à cet endroit...


On retourne sur le campo Sant'Anzolo...
Tintoretta
C'est l'heure du Racconcino 10 !
Pepe Roncino
Oui, sur la terrasse du restaurant...
C’est le racconcino du « povero fornaretto », le pauvre boulanger. Il s’appelait Piero Fasiol et travaillait comme apprenti dans la boutique de son père, une boulangerie située calle de la Mandola, dans laquelle on est passé tout à l’heure. A l’aube d’une journée froide de mars 1507, Piero descendait les marches du pont des Assassins – qui n’existe plus aujourd’hui du fait du comblement du canal qu’il enjambait – lorsqu’il aperçut quelque chose qui brillait : c’était le fourreau d’un poignard, en argent. Piero, qu’on appelait le petit boulanger comme Jacopo le petit teinturier, se réjouit de cette découverte qui lui semblait chanceuse. Il ne savait pas encore qu’elle allait lui être fatale. Il s’empressa de montrer ce petit trésor à son amoureuse, Annella, qui travaillait comme domestique dans un palais tout proche, la Cà Barbo, dans la calle de la Mendola.
« Regarde ! » lui dit-il en tendant le fourreau ; « après avoir vendu ce fourreau, on n’aura plus aucun souci d’argent. On pourra s’offrir un beau mariage ! » La jeune fille cependant s’effraya ; selon elle, d’un objet pareil, rien de bon ne pouvait survenir : « Vas-t-en ! Retourne d’où tu viens et remets-le là où tu l’as trouvé. »
Piero resta perplexe un instant mais obéit. C’est alors qu’à l’angle de la calle de la Mendola et du pont des Assassins, il aperçut une forme sombre sur le sol : c’était une personne allongée. « C’est simplement un ivrogne qui aura trop bu» pensa Piero mais il se pencha quand même sur le corps inanimé pour s’assurer que cette personne n’avait pas besoin de secours. Il le tourna pour voir son visage et se rendit compte alors que cette personne était morte. En le touchant, sa main s’était couverte de sang et il l’avait instinctivement essuyée à son tablier blanc de boulanger. Il reconnut le cadavre : il s’agissait d’Alvise Guoro, un jeune cousin à lui qui fréquentait assidûment Clemenza Barbo, qui était mariée à Lorenzo et qui n’était autre que la patronne d’Annella.
A partir de ce moment, tout alla très vite. Il se mit à faire jour. Une certaine Nineta ouvrit sa fenêtre donnant sur le canal tandis que le falegname – le menuisier – arrivait dans sa boutique qui donnait sur la calle de la Mendola. Tous deux virent immédiatement le cadavre, et au même moment, Piero, couvert de sang et le fourreau du poignard dans la main. Il fut tout de suite clair pour eux que Piero était l’assassin. Ils le connaissaient pourtant, le fornaretto, ils savaient qu’il n’était pas un criminel mais ils pensèrent à un crime passionnel : probablement, Piero avait surpris son cousin Alvise en compagnie d’Annella et, pris d’un accès de jalousie, il l’avait poignardé. Pris de compassion, ils décidèrent de l’aider « Sauve-toi » lui dit Nineta « et cache-toi chez ton amoureuse!».
Mais Piero ne savait que faire. S’enfuir signifiait reconnaître sa culpabilité, tandis que ne pas partir était tout aussi dangereux. Il n’eut pas le temps de prendre une résolution. Les gardes arrivèrent en un instant et la machine de la justice se mit inexorablement en mouvement : le fornaretto fut condamné à être décapité, écartelé et exposé au peuple aux quatre portes de la ville.
Le matin du 22 mars, tout était prêt pour l’exécution entre les colonnes de Marc et de Teodoro, les deux colonnes à l’entrée de la piazzetta San Marco, lorsqu’on arrive de la lagune, qui était l’endroit habituel pour les exécutions publiques. Piero, après avoir subi ce qu’on appelait « la camera dei tormenti », la chambre des tourments, où l’accusé était soumis à la torture pour lui faire avouer sa culpabilité, avait renoncé à clamer son innocence. Il n’attendait plus qu’on mette fin à ses supplices. De son côté, le bourreau attendait un signe du chef du Conseil des Dix pour faire tomber le couperet sur le cou de Piero.
Au même moment, un domestique sortait en courant de la Cà Barbo. Il hurlait que le fornaretto était innocent : Lorenzo Barbo avait avoué à son épouse le meurtre de son amant, par jalousie. Mais le domestique eut beau crier pour que personne ne freine sa course désespérée, il arriva trop tard sur la piazzetta : la tête de Piero venait d’être tranchée. Mais la foule qui s’était amassée sur la piazzetta, ainsi que toutes les personnes qui s’étaient trouvées sur le parcours du domestique l’avaient entendu crier l’innocence du fornaretto.
Le lendemain, le Doge convoqua les juges et leur lança une mise en garde qui sera répétée pendant des siècles dans les enceintes des tribunaux, au moment de se prononcer sur la peine capitale : « souvenez-vous du pauvre fornaretto ». Mais cette erreur judiciaire ne fut consignée nulle part par écrit : raison d’Etat oblige…


44ème jour : San Fantin


Pepe Roncino
Aujourd’hui, on visite un îlot tout petit, mais qui abrite une église : San Fantin et surtout le théâtre de La Fenice !
Tintoretta
On pourra la visiter ?
Pepe Roncino
Oui, le matin, il y a des visites guidées…. On prend le rio de la Verona sur la gauche… On rejoint le rio di San Luca… On prend à droite… On va s’arrêter au bout de la calle del Fruttarol… On va tout de suite sur le campo San Fantin, au bout de la calle…
Regarde d’abord la corte San Gaetano…


La Cà Molin, que l'on appelle aussi Palazzo Salvadori Tiepolo, a été construite au XVème siècle mais on y trouve certains vestiges vénéto-byzantins du XIIIème siècle.
Tintoretta
L'escalier extérieur est magnifique !


Pepe Roncino
On arrive sur le campo San Fantin... On va d'abord visiter l'église éponyme...


Elle aurait été fondée dès le IXème siècle mais l’édifice actuel date de 1564. Il fut commencé par Scarpagnino et achevé par Sansovino...








Sortons pour voir sur la droite l’ancienne Scuola San Fantin, érigée en 1471 mais reconstruite à la fin du XVIème siècle sur un projet d’Alessandro Vittoria.




On y trouve de belles toiles, comme celle-ci : Gesù desposto dalla Croce, qui s'insère dans un cycle de Leonardo Corona, un peintre de Murano mort en 1604, sur La Passion du Christ...
On va maintenant consacrer beaucoup de temps à la visite de la Fenice, un édifice emblématique de Venise...






Tintoretta
Pourquoi le phénix est-il l'emblème de cet opéra ?
Pepe Roncino
Car le phénix est un animal fabuleux, qui a la majesté d'un aigle, mais vit plusieurs siècles et qui, après avoir brûlé, renaît de ses cendres. Or, ce théâtre a été construit pour remplacer celui de San Benedetto, qui se trouvait dans l'îlot d'hier et qui fut détruit par un incendie en 1774. Et il s'est trouvé qu'il est ensuite rené de ses cendres à deux reprises, après les incendies de 1836 et 1996...


Regarde l'image de l'emblème originel, reproduit par Copilot!
Tintoretta
On voit bien les flammes et les cendres !
Pepe Roncino
A chaque fois, l'opéra fut reconstruit quasi à l'identique. Après l'incendie de 1996, c'est en visionnant le film de Luchino Visconti, Senso, que l’intérieur fut reconstitué. Ce sera le racconcino du jour…








Tintoretta
Quand s'est terminée la dernière reconstruction ?
Pepe Roncino
La nouvelle Fenice a été inaugurée le 12 novembre 2003 avec la représentation de La Traviata de Verdi...
Tintoretta
Elle est probablement encore plus belle qu'auparavant.
Pepe Roncino
En tout cas, elle a retrouvé un éclat qu'elle avait perdu avec le temps...
Tintoretta
Et quand eut lieu la première inauguration ?
Pepe Roncino
Le 26 décembre 1792...














On retourne dans le couloir où sont exposées des photos rendant hommage à Maria Callas, une des plus grandes cantatrices que l'on a pu admirer à La Fenice, dans les années 50-60...
Tintoretta
C’était magnifique ! On a envie d’aller à l’opéra rien que pour le décor !
Pepe Roncino
On va maintenant déjeuner juste à côté, sur cette place, all’Antico Martini !


Après ce bon repas, on termine notre visite de l'îlot...
D'abord, regarde ce beau palais de style gothique à côté de l'Ateneo Veneto, l'ancienne Scuola San Fantin...


Je vais maintenant te montrer la corte Minelli... On prend la calle Minelli à gauche... La cour se trouve sur la droite...


Tintoretta
Une belle cour !
Pepe Roncino
On a fini la visite de l'îlot... On retourne sur la terrasse du restau pour le Racconcino.
Tintoretta
Chouette ! Le Racconcino 11...
Le racconcino de la Comtesse Livia. Comme je l’ai dit tout à l’heure, Luchino Visconti a réalisé en 1954 un film, Senso, dont le début se déroule lors d’un opéra à la Fenice et ce tournage a permis de reconstituer la salle telle qu’elle était lors de la reconstruction du Teatro après l’incendie de 1996. Ce fim est l’adaptation d’une nouvelle de Camillo Boito, écrite en 1883. Dans mon histoire, je mêlerai un peu le livre et le film, avec une préférence pour le film.
L’histoire se présente sous la forme d’un journal intime, dans lequel la comtesse Livia raconte sa vie et surtout confesse les errements d’une passion qui l’ont conduite à trahir son mari et ses idéaux. C’est à 22 ans, en juillet 1865, qu’elle arrive à Venise pour son voyage de noces. Son mari, un noble autrichien, était beaucoup plus âgé qu’elle. Livia était italienne et elle soutenait, en cachette de son mari, le mouvement du Risorgimento, qui luttait contre l’occupation autrichienne et pour une Italie unie et indépendante. Dans le fim, c’est lors d’un opéra de Verdi à La Fenice que Livia fit la connaissance d’un lieutenant autrichien, Franz Mahler. Son cousin, un des leaders des patriotes de Venise, ayant provoqué en duel ce lieutenant qui se moquait de la manifestation de nationalistes durant Il Trovatore, la comtesse intercéda auprès de lui pour qu’il renonce à ce duel.
Lorsqu’ils se revirent par hasard un soir, le lieutenant Mahler insista pour l’accompagner, invoquant le risque qu’elle se fasse arrêter à l’heure du couvre-feu. La comtesse refusa mais il la suivit et l’aida à se cacher lorsqu’il entendit une patrouille s’approcher. L’endroit où ils se sont cachés était très beau, notamment le sottoportego et le capitello ; j’ai noté le numéro sur le nizioleto, la plaque qui indique le numéro de chaque maison ou boutique au sein du sestiere auquel il appartient : c’était le 8277. Mais la numérotation des différents sestieri ne va pas au-delà de 6827 ! Cette scène a dû être tournée dans un studio de Cinecittà ! En revanche, on reconnaît bien un peu plus loin le campo du Ghetto Nuovo, que la comtesse et le lieutenant et Franz traversent ensemble. Car Livia a fini par accepter la compagnie de Franz. Ils se promèneront ainsi toute la nuit… Le reste de l’histoire est moins belle : après l’avoir séduite, Franz la délaisse. Livia, qui lui avait donné de l’argent, destiné à la cause italienne, pour se faire réformer en corrompant un médecin de l’armée, se venge en le dénonçant comme déserteur auprès du commandement militaire autrichien.
Tintoretta
Ce doit être fantastique de se promener toute une nuit dans Venise !
Pepe Roncino
Sans doute ! Mais il faut dormir, c’est l’heure du couvre-feu ! Et c’est bien aussi de voir la belle lumière de Venise…


45ème jour : San Lio


Pepe Roncino
Aujourd’hui, on va faire un assez long trajet en gondole pour se rendre dans le prochain îlot : San Lio. On quitte le sestiere de San Marco pour entrer pour la première fois dans celui de Castello et on va y rester pendant plus de 15 jours. Ensuite, on reviendra dans le sestiere de San Marco et ce sera un retour grandiose car on visitera d’abord l’îlot de San Marco. C’est parti !
On prend le rio de San Luca sur la gauche… A droite, le rio dei Fuseri… On poursuit, légèrement à gauche, par le rio dei Scoacamini… On poursuit, légèrement à droite cette fois, par le rio dei Baretteri… On prend à gauche le rio della Fava…
On s’arrête sur le campo della Fava.
Tintoretta
On est donc dans le 6ème sestiere de Venise !
Pepe Roncino
Oui, c’était le seul sestiere où on n’était pas encore entré.
Tintoretta
Et on est chez les castellani !
Pepe Roncino
Oui, à coup sûr mais on y était déjà quand on est entré dans le sestiere de San Marco…. Comme tu le vois, il y a sur ce campo une église : Santa Maria della Consolazione, appelée aussi della Fava, probablement du nom d’une famille demeurant sur cette place. Cette église fut construite entre 1705 et 1753....


Tintoretta
La construction a duré longtemps !
Pepe Roncino
Oui, elle fut commencée sur les plans d’Antonio Gaspari mais les travaux furent suspendus entre 1715 et 1740 et elle fut achevée par Giorgio Massari.


On prend maintenant à droite par la calle della Fava…
Nous voici sur le campo San Lio !




Au milieu se trouve une vera da pozzo datant de 1572.
San Lio est la contraction de San Leone Magno, en hommage au pape Léon IX. L’église, fondée au IXème siècle, était dédiée à Santa Caterina et c'est lorsqu’elle fut reconstruite en 1054 qu’elle fut dédiée à Léon IX. Elle fut ensuite restaurée plusieurs fois ; la dernière en 1783.
On la visitera lorsqu'elle sera ouverte...
On prend la calle Carminati à gauche, on se dirige vers l’îlot San Marina…. Au n° 5653, ce sont les restes du palais Carminati…




Pepe Roncino
On retourne maintenant sur le campo San Lio… On prend maintenant à gauche la salizzada San Lio… Regarde ce portego, au-dessus de la calle de le Vele !


Tintoretta
Oh ; c'est très original ! Même à Venise ! Je serais curieuse d'habiter ici !
Pepe Roncino
On passe à droite sous le sottoportego Perini, qui nous conduit à la corte Perini…




A l’angle de la corte Perini et de la calle de la Malvasia, se trouve l’ancienne maison de Canaletto…


Tintoretta
Ah oui ! J'ai plusieurs cadres de lui sur Venise ; des posters évidemment !




Pepe Roncino
De la calle della Malvasia, on va prendre à droite pour voir la corte Licini o del Piombo…


On retourne sur la salizzada san Lio…
Il faudra regarder la cinquième ruelle sur la gauche… La voici : la calle del Paradiso !
Tintoretta
Un bel arc !
Pepe Roncino
Oui, c’est l’Arco del Paradiso !
Regarde ces barbacanes de chaque côté de la calle !




On retourne sur la salizzada San Lio…
On va voir la corte Sant’Antonio à droite…




Regarde ce beau capitello de Sant’Antonio !


Tintoretta
Un très bel endroit !
Pepe Roncino
D'accord, on prendra nos repas ici !
Mais avant, on continue notre visite. On retourne sur la salizzada mais pour aller tout de suite sur la gauche voir une autre cour, la corte Veniera…




On retourne sur la salizzada San Lio jusqu’à son extrémité, qui rejoint la calle al ponte della guerra à droite… Puis on prend la Casseleria à gauche… On poursuit à droite… Puis à gauche, la calle al ponte de l’Anzolo… On arrive sur la fondamenta de l’Anzolo…
De là, on voit la façade du palais Soranzo… Regarde ce bas-relief, qui représente un ange, l’anzolo, qui a donné son nom à la calle, au pont et à la fondamenta !


Ce sera le sujet d'un racconcino dans 17 jours, lorsqu'on sera dans l'îlot en face...


