Le Voyage en Gondole : 66ème et 67ème jours
Pepe Roncino et Tintoretta visitent les deux derniers îlots de la Venise de citra...
Emeric Cristallini
5/3/202622 min temps de lecture


66ème jour : San Maurizio


Pepe Roncino
On prend le rio de le Veste à gauche… Puis le rio de la Verona sur la gauche… puis le rio Malatin à gauche… On s’arrête au bord de la corte La Vezzera.
On traverse le campiello drio la chiesa où se trouve le campanile… Et on arrive sur le campo San Maurizio. Derrière le petit campanile de notre église, on voit le campanile penché de Sant’Angelo.


L’église San Maurizio fut fondée au IXème siècle mais détruite lors du grand incendie de 1105. On sait que lorsqu'elle fut reconstruite, sa façade donnait sur le rio del santissimo qui la sépare de l'îlot San Stefano que l'on visitera demain. C'est lors d'une nouvelle reconstruction, vers 1580, que la façade fut tournée vers le campo, comme on la voit aujourd'hui, même si l'ensemble de l'église fut de nouveau reconstruite à partir de 1806, sur les plans de Pietro Zaguri, propriétaire d'un des palais de ce campo. Ce n'est qu'en 1828 que la nouvelle église fut consacrée...






Cette église abrite maintenant le musée de la musique : Vivaldi e il suo tempo...






















A gauche de l'église, dans la calle del piovan, on trouve l'ancienne Scuola degli Albanesi...




Au-dessus du portail, ont été sculptés San Gallo, la Vierge et San Maurizio, les trois patrons de la Scuola... Cette Scuola fut fondée en 1368 mais peu après, cette concession accordée par le Conseil des Dix fut révoquée. Ce n'est qu'en 1442 que les Albanais obtinrent la permission de constituer leur société et de se réunir dans le monastère de San Gallo, à côté de l'église San Severo. En 1448, la Confraternité se transfère dans l'église de San Maurizio. C'est en 1532 que la façade fut embellie par ces bas-reliefs que l'on peut encore admirer... En 1780, la Scuola devint celle des pistori, c'est à dire des boulangers avant d'être supprimée en 1808... C'est aujourd'hui une propriété privée.


Sur le campo, du côté droit quand on tourne le dos à l'église, le palais que l'on voit aujourd'hui fut construit à l'emplacement de l'ancien campanile pour un certain Dionisio Bellavite, riche marchand d'huile et de farine, qui se chargea de faire abattre, en 1540, le campanile qui menaçait de s'écrouler...
Tintoretta
Décidément, les campaniles dans cette zone sont très fragiles !
Pepe Roncino
En effet... En compensation, Dionisio Bellavite dut payer une taxe annuelle au bénéfice de l'église, jusqu'en 1564. Ce palais changea plusieurs fois de propriétaire mais on lui donne aujourd'hui le nom de Bellavite, dans la mesure où c'est lui qui le fit construire. Ce palais Bellavite accueillit des écrivains célèbres : Giorgio Baffo et Alessandro Manzoni...


Tintoretta
Le Baffo qui a donné son nom à l’osteria du campo Sant’Agostin ?
Pepe Roncino
Tout à fait ! Giorgio Baffo était un grand érudit et il eut beaucoup d'influence sur les années d'enfance de Casanova, qui habitait d'ailleurs dans l'îlot d'à côté, que l'on visitera demain. C'est Baffo qui convainquit la famille de Giacomo, surtout sa grand-mère qui était en réalité celle qui s'occupait le plus de lui, de l'envoyer étudier à Padoue. C'est également lui qui le présenta au sénateur Malipiero, qui fut longtemps son protecteur...


Alessandro Manzoni, l'auteur du fameux roman I Promessi Sposi, Les Fiancés, y séjourna entre 1803 et 1804 alors qu'il venait de quitter le collège où il vivait suite à la séparation entre son père Pietro et sa mère Giulia Beccaria...
A côté du palais Bellavite se trouve un autre palais gothique : le palais Molin...


En haut du portail, on voit un bouclier mais sans arme, porté par deux pages et surmonté d'un ange avec le globe à la main et bénissant...


On prend la calle del Dose Da Ponte, qui s'appelle ainsi car y résida le Doge -Dose en vénitien- Nicolo Da Ponte car un incendie avait endommagé son appartement au Palais des Doges. Durant son mandat, entre 1578 et 1585, fut pardonnée Bianca Cappello...
Tintoretta
Ah oui, je me souviens de son histoire, le Racconcino 5, à San Giacomo di Rialto !
Pepe Roncino
Sur la droite, il y a la corte Da Ponte...


Tintoretta
Du nom du Doge...
Pepe Roncino
On a une vue sur le rio del Santissimo, que l’on verra demain passer sous l’église San Stefano…


Tintoretta
La porte du palais en face est un peu délabrée !
Pepe Roncino
En effet, mais c’est un peu ce qui fait son charme !


On retourne sur la calle del Dose...
Regarde ce beau capitello !


Tintoretta
Et la vue sur le Grand Canal est magnifique !
Pepe Roncino
Cette petite rive offre une des plus belles vues sur le Grand Canal et elle passe un peu inaperçue. Les touristes qui passent sur le campo San Maurizio se hâtent pour aller sur la place Saint Marc ou, dans l’autre sens pour prendre des photos du Grand Canal sur le pont de l’Académie. Ici, on a l’avantage d’être au bord du Grand Canal. Légèrement à gauche, on voit le palazzo Venier dei Leoni, qui abrite la fondation Peggy Guggenheim et, bien sûr, au bout, la Basilique de la Salute, qui sera le terme de notre voyage...




Tintoretta
En face, on voit un palais dont la façade est ornée de fresques.
Pepe Roncino
C’est le palais Barbarigo.
Tintoretta
Un autre palais Barbarigo au bord du Grand Canal.
Pepe Roncino
Oui, mais celui-ci n’a pas été transformé en hôtel.










Tintoretta
Un endroit vraiment sublime !
Pepe Roncino
Oui, un de mes endroits préférés. On retourne maintenant sur le campo San Maurizio…




A droite, se trouve le palais Zaguri, qui abrite des expositions et la fondation Giacomo Casanova…


Comme les palais qui lui font face, ce palais, construit vers 1300, est de style gothique. Comme je te l'ai mentionné précédemment, Pietro Zaguri, un des propriétaires de ce palais, dessina, à la fin du XVIIIème siècle, les plans de l'église telle qu'on la voit aujourd'hui. Même si cette rénovation mit pas mal de temps... Pietro Zaguri était un ami de Casanova...
Tintoretta
C'est bien que la fondation Casanova se trouve ici alors !






Maintenant, on prend la calle Zaguri à droite… et la fondamenta della Malvasia Vecchia à gauche…






Tintoretta
On va manger dans ce restaurant ?
Pepe Roncino
Oui, il n'y a guère que ce restaurant dans l'îlot...


Je vais maintenant te montrer, de l’autre côté, la corte de le Muneghe… On poursuit le long du canal par la fondamenta Corner Zaguri… On passe sous le sottoportego de le Muneghe...




Nous voici dans la corte de le Muneghe...


Tintoretta
La vera da pozzo est bien fleurie !




67ème jour : Santo Stefano


Pepe Roncino
On prend le rio Malatin sur la gauche… Puis le rio Sant’Anzolo à gauche… On poursuit sur ce rio à gauche… On s’arrête au bord de la piscina San Samuele…
On rejoint le campiello Nuovo… Puis, par la calle del Pestrin, le campiello Santo Stefano…
On arrive sur le campo Santo Stefano…
Tintoretta
Il est très grand !
Pepe Roncino
Oui, c’est un des plus grands de Venise. On l’appelle aussi le campo Morosini.
Tintoretta
C’est la statue de qui que l’on voit au centre de la place ?


Pepe Roncino
C’est la statue de Nicolo Tommaseo, un écrivain, qui participa à l’insurrection du peuple vénitien contre l’occupation autrichienne en 1848.


Les vénitiens l'appellent Cagalibri, le "chieur de livres" car la pile de livres semble lui tomber d'en-dessous son pardessus...


Tintoretta
C'est mieux de le regarder de face alors !
Pepe Roncino
Au moins, c'est une statue populaire de Venise... Pour ce dernier jour dans la Venise de citra, je t'ai réservé une surprise : une chambre dans un hôtel !
Tintoretta
Oh ; chouette !
Pepe Roncino
Nos chambres vont être prêtes. On va pouvoir rejoindre l'hôtel dans notre gondole par le rio Sant'Anzolo...


Tintoretta
Oh ; magnifique ! Je vais tout de suite prendre une douche et me préparer à mettre ma belle robe bleue...




Pepe Roncino
Oh ; tu es très élégante !
Tintoretta
Oui ; j'ai remis ma tenue de l'Hôtel Danieli...
Pepe Roncino
Ce sera bien pour visiter l'église Santo Stefano...


Tintoretta
En la regardant sur le côté, on voit qu’elle est très grande !
Pepe Roncino
Effectivement, elle est très profonde. Son campanile ne se voit pas d'ici. Celui qu'on aperçoit derrière les maisons est « a vela », comme celui de San Maurizio, que l’on a vu hier...


Tintoretta
Et comme celui de Santa Maria del Giglio avant-hier !
Pepe Roncino
Tout à fait !


Regarde le portail sculpté par Bartolomeo Bon !
Tintoretta
Son style est gothique ?
Pepe Roncino
Oui ; elle fut construite à la fin du XIIIème siècle mais remaniée au début du XVème...




Tintoretta
Le plafond est impressionnant !
Pepe Roncino
Oui, il est en carène de navire, renversée.








Tintoretta
Il y a des toiles du Tintoret ici ?
Pepe Roncino
Oui, dans la sacristie. Avant d’y aller, regarde la tombe du doge Francesco Morosini, qui fut tellement célébré par les Vénitiens qu’il donna un temps son nom à la place. C’est surtout la conquête du Pélopponèse en 1686 qui contribua à sa renommée. Il est moins populaire auprès des Grecs car c’est à l’occasion de cette conquête que des coups de canon détruisirent le Parthénon sur l’Acropole d’Athènes….


Allons maintenant dans la sacristie !
Tintoretta
Il y a trois toiles du Tintoret !
Pepe Roncino
Oui, une autre version de La Lavanda dei piedi, Cristo nell’orto. Cristo nell’orto avait été peint pour décorer l’église Santa Margherita.


Et l'Ultima Cena...


Tintoretta
Il n’y a pas que la Lavanda dei piedi que Le Tintoret a peint plusieurs fois ; il y a aussi les deux autres thèmes.
Pepe Roncino
Oui, on les trouve aussi à la Scuola San Rocco…. On repassera dans la sacristie pour observer les autres toiles, notamment celle sur le martyre de Santo Stefano...


On va maintenant dans le chœur voir les sculptures, notamment la stèle funéraire de Giovanni Falier par Antonio Canova…






Tintoretta
Pourquoi Antonio Canova a-t-il sculpté cette stèle funéraire en l'honneur de Giovanni Falier ?
Pepe Roncino
Car Giovanni Falier, qui était sénateur de la République de Venise, a été le premier et le plus important mécène de Canova. Sur cette stèle, on voit le profil du sénateur en haut et en contrebas, celui d'une figure féminine qui est une allégorie de la Gratitude...
Tintoretta
C'est très touchant !


Pepe Roncino
Regarde ! On voit le canal sous l'abside !
Tintoretta
Ah oui ! Tu m'avais montré ça de l'autre côté quand on était dans l'îlot de Sant'Angelo...
Pepe Roncino
Et oui ; c'était il y a 25 jours ! On a fait un sacré détour entre temps !


Ici, on est derrière le maître autel...


Tintoretta
Ah oui ; c'est très particulier !
Pepe Roncino
On revient sur nos pas...
On va regarder la décoration de la sacristie avec plus d'attention, car il n'y a pas que les toiles du Tintoret qui méritent l'attention. Il y en a d'ailleurs une que l'on n'a pas vraiment regardée...


Au-dessus de l'autel, on trouve une très grande toile de Sante Peranda, représentant le martyre de Santo Stefano. En-dessous, l'autel est décoré par un retable de Giuseppe Angeli représentant la Crucifixion. De chaque côté, on peut admirer des œuvres de Bartolomeo Vivarini, réalisées en 1475 environ, qui faisaient partie d'un triptyque, que l'on pouvait admirer dans l'église San Vidal toute proche...
Et sur le mur de gauche, on trouve cette toile du Tintoret représentant La Résurrection...


A côté, c'est La Pietà d'Antonio Triva...


Au-dessus de la porte d'entrée, on peut admirer quatre toiles de Gaspare Diziani, réalisées en 1733 : La Fuga in Egizio, L'Adorazion dei Magi et, en bas, en deux épisodes, La Strage degli Innocenti...
Tintoretta
Magnifique ! Et c'est plus lumineux que les toiles du Tintoret...


A gauche, c'est une toile de Bonifacio De' Pitati : Sacra Famiglia con le sante Maria Maddalena e Caterina d'Alessandria...




On sort de la sacristie mais on reste encore un peu dans l'église car celle-ci est une des églises les plus intéressantes de Venise...


La nef centrale est séparée des nefs latérales par douze colonnes en marbre colorées en rouge de Vérone...


La première chapelle à gauche est celle de la Madonna della Cintura...
Tintoretta
Pourquoi Madonna della Cintura ?
Pepe Roncino
Car la tradition chrétienne veut que la Vierge soit apparue à Santa Monica, mère de Sant'Agostino, en lui confiant une ceinture de cuir et en l'invitant à la porter en signe de protection et de pénitence...


L'autel à côté, de L'Addolorata, est décoré par un retable réalisé par Teodoro Matteini : Compianto su Cristo deposto dalla Croce...


Cet autel est celui de San Nicola da Tolentino, représenté par cette statue de Pietro Lombardo, insérée au sein d'un retable figurant L'incoronazione della Vergine, d'auteurs inconnus mais dans le style du Tintoret...


Un autre autel magnifique : celui de Santo Stefano, dans lequel le retable représente le martyre de celui-ci. Ce retable fut réalisé par Antonio Foler...


Le dernier autel de la nef gauche est dédié aux saints Marco et Foca, saints patrons des ouvriers de l'Arsenal. Le retable fut réalisé en 1737 par Girolamo Brusaferro...


Dans l'abside gauche, la chapelle est dédiée à San Michele Arcangelo, représenté par une statue de la fin du XVIIème siècle...


Le maître-autel fut réalisé dans les années 1610 par Angelo Panizza sur le projet d'Antonio Puzzo... De chaque côté du tabernacle, on trouve une statue : Santo Stefano à gauche et Sant'Agostino à droite...


Les statues en haut représentent les douze apôtres tandis que celles en-dessous du côté droit figurent Santa Chiara da Montefalco et San Paolo primo eremita...




Dans la nef droite, l'autel le plus proche du maître autel est celui de Sant'Agostino. On y trouve le retable de Giustino Menescardi, datant de 1768, représentant Sant'Agostino che scaccia gli eretici...


Cet autel est consacré à L'Immacolata con i Santi Giovanni Nepomucena e Lucia, réalisé par Jacopo Marieschi...


On retrouve La Madonna della cintura, représentée cette fois par une sculpture... Et à côté, le retable de Giuseppe Angeli, datant de 1775, représentant San Luigi Gonzaga, Sant'Antonio abate e San Francesco Saverio...


Le dernier retable de notre tour représente La Natività di Maria. Il fut réalisé en 1712 par Nicolo Bambini...
Tintoretta
Magnifique ! Comme tout l'intérieur de cette église...




Sur la contre-façade, on a ce monument équestre à Domenico Contarini, datant de 1650 environ, au-dessus de la porte. De chaque côté de celle-ci, des monuments funéraires...
On sort par cette porte...


Le portail fut réalisé entre 1415 et 1430 environ mais on ne sait pas à quel artiste l'attribuer : ce pourrait être Bartolomeo Bon par exemple...


On va à droite dans l'ancien couvent, dans lequel on voit assez bien le campanile...




On retourne sur le campo...








Regarde la façade concave du palais Lezze !


Tintoretta
Ah oui ; très curieux en effet !
Pepe Roncino
En direction du Grand Canal, on voit la façade blanche du palais Barbaro...


En longeant le palais Barbaro, on arrive devant le palais Loredan...


Tintoretta
Il est grand !
Pepe Roncino
Oui ; c'est parce qu'il abrite les statues de tous les Grands Vénitiens...


Tintoretta
Oh ; on voit Jacopo Robusti, Le Tintoret !
Pepe Roncino
Oui ; et à côté, Tiziano Vecellio, Le Titien...
Tintoretta
Oui, et plus à gauche, Veronese...


Pepe Roncino
Et aussi Giambattista Tiepolo, Giovanni Bellini, Andrea Palladio... On trouve aussi des bustes d'hommes de lettres comme Goldoni ou Foscolo, nonobstant le fait que ce dernier fut un vénitien d'adoption... Marco Polo, bien sûr est représenté également. Mais pas Giacomo Casanova, le banni de Venise...
On va maintenant visiter le plus beau palais de cet îlot, le palais Cavalli-Franchetti, qui se trouve au bord du Grand Canal...
Ce palais est magnifique déjà de l'extérieur, par son architecture gothique et par sa couleur vive; On voit qu'il a été restauré récemment. On peut l'admirer du pont de l'Académie au pied duquel il se trouve... Mais l'intérieur, de style néo-baroque est encore plus beau...












Tintoretta
Ah ; on voit le Grand Canal !
Pepe Roncino
Oui ; on voit aussi le pont de l'Académie et l'ex-église Santa Maria della Carità, qui abrite une partie du musée, que l'on visitera demain...
Mais on va tout de suite descendre sur notre rive ; c'est le dernier jour où l'on se trouve sur cette rive gauche...


On traverse le campo San Vidal...


Tintoretta
Oh ; un beau fleuriste !
Pepe Roncino
Oui ; il est très connu à Venise... On passe devant l'ex-église San Vidal, qui accueille aujourd'hui des concerts de Vivaldi...


Nous voici de nouveau sur le campo... On va prendre la calle del spezier en face du palais Loredan pour voir le rio del Santissimo qui passe sous l'église...


Tintoretta
On voit bien qu'une partie de l'église est construite sur un pont...
Pepe Roncino
Oui ; on retourne sur le campo pour prendre en face la calle de le Botteghe... On va déjeuner au restaurant...


A la Trattoria Da Fiore, un très bon restaurant !
Tintoretta
Chouette ! Je commençais à avoir faim ...




Pepe Roncino
Après cet excellent repas, on va prendre la calle de le Muneghe à gauche...


Il y avait autrefois, dans cette calle, un petit oratoire dédié à Santa Susanna, qui, à la fin du XVème siècle fut intégré dans une église consacrée à San Rocco et Santa Margherita, à laquelle fut adjoint un couvent. Ceux-ci furent déconsacrés en 1810. En 1822, le couvent devint le siège de la Casa d'Educazione Femminile, fondée par le prêtre Pietro Ciliota. L'ensemble a été transformé en hôtel : le Domus Ciliota...




Cette maison était le lieu de résidence de la grand-mère de Casanova. C'est elle qui s'est occupé de lui quand il était enfant. Le petit Giacomo a donc vécu ici...
Au bout de la calle, on prend à gauche pour arriver dans la corte delle Muneghe...


On retourne sur la calle pour prendre au fond le ramo delle Muneghe...


Tu remarqueras ces arcs-boutants, qui soutiennent les murs...


On arrive dans la calle dei Orbi, que l'on prend sur la gauche... A gauche, on voit la calle Nani, au bout de laquelle on débouche sur un canal…


Tintoretta
Au fond, ça ressemble à une cour !
Pepe Roncino
Oui, car c’est une impasse !


Tintoretta
J'aime beaucoup cet angoletto !


Pepe Roncino
Oui ; c'est bien fleuri et très calme...
On retourne sur la calle dei Orbi et on prend la calle Malipiero à droite... On arrive dans la calle del teatro, que l'on prend sur la droite... On arrive dans la corte del Duca Sforza...


Du temps de Casanova, le palais de la famille Imer donnait du côté gauche de cette cour...


Giuseppe Imer était impresario et auteur au théâtre San Samuele où jouait Zanetta, la mère de Casanova, tandis que la fille Teresa était une amie de Giacomo, comme je le raconte dans mon petit livre Casanova à Venise...
On repasse sous le sottoportego Malipiero…


Et on se retrouve dans la calle Malipiero où l’on trouve cette plaque commémorative sur la naissance de Giacomo Casanova, le 2 avril 1725. Une mention probablement erronée car il serait né plutôt chez sa grand-mère, où il aurait en tout cas passé son enfance, comme on vient de le voir. Mais c’est ici où ont vécu ses parents juste avant sa naissance...


Tintoretta
Cette maison était un peu sombre !
Pepe Roncino
Oui, mais on arrive très vite sur le campo San Samuele, qui se trouve au bord du Grand Canal… Regarde, on voit la Cà Rezzonico à droite, à côté du pont !






Sur le campo, se trouve l'église San Samuele éponyme...




Cette église fut fondée au XIème siècle mais reconstruite en 1685...


C'est dans cette église que Casanova fut baptisé et qu'il commença et termina, très vite, sa carrière ecclésiastique...
C'est également dans cette église que se trouve une relique du fameux San Valentino, le patron des amoureux...


Cette relique, une main du saint, se trouve dans cet autel, décoré par un retable de Pietro Liberi : Saint Valentin avec des anges et des saints...
C'est intéressant de voir une relique du saint des amoureux dans l'église du grand séducteur qu'était Casanova...
On reprend la salizzada Malipiero, qui se poursuit par la salizzada San Samuele…
On prend à gauche la calle Mocenigo Cà Vecchia….




C'est dans ce palais Mocenigo que résida Giordano Bruno, le théoricien de l'infinité de l'Univers... C'est ici qu'il fut arrêté et livré à l'Inquisition pour finir sur un bûcher à Rome...


Tintoretta
L'infinité de l'Univers, je vais y réfléchir dans ma chambre...
